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    La peur et les enfants
    🖌 Article de fond

    Comment les enfants développent la peur de l'avion — et ce que les parents peuvent faire pour y remédier

    Rédigé par Alex Gervash, pilote professionnel (31 ans d'expérience) et spécialiste de la peur de l'avion (18 ans d'expérience, plus de 16 000 cas traités)

    La peur de l'avion n'est pas génétique, mais elle se transmet. Non pas par l'ADN, mais par le comportement et le système nerveux des adultes qui vous ont élevé. Un guide destiné aux parents qui explique comment cette peur s'installe et ce qui fonctionne réellement.

    Comment les enfants développent la peur de l'avion — et ce que les parents peuvent faire pour y remédier

    Quand un parent vient me voir parce qu’il a peur de prendre l’avion, il y a une question que je pose presque toujours : « Quand cela a-t-il commencé pour vous ? » Et le plus souvent, la réponse remonte à l’enfance. Un vol turbulent à l’âge de sept ans. Un parent qui agrippait l’accoudoir à chaque secousse de l’avion. Une grand-mère qui annonçait avant chaque voyage qu’elle avait mis à jour son testament.

    La peur de l'avion n'est pas génétique. Mais elle se transmet. Pas par l'ADN. Par le comportement. Par le système nerveux des adultes qui vous ont élevé. Par la signification qu'ils ont donnée à des sensations tout à fait normales.

    Comment la peur s'installe dans le cerveau d'un enfant

    Les enfants ne naissent pas en sachant ce qui est dangereux. Ils l'apprennent principalement de deux sources : leurs propres expériences et les réactions de leurs proches.

    C'est ce qu'on appelle le référencement social. Lorsqu'un tout-petit tombe et regarde ses parents avant de décider s'il va pleurer, c'est un exemple de référencement social. L'enfant observe le visage de l'adulte pour déterminer si ce qui vient de se passer est dangereux ou non.

    Le même mécanisme s'applique dans les avions. Un enfant ressent des turbulences. L'avion tremble. L'enfant regarde ses parents. Si le visage de ses parents trahit la terreur, l'enfant reçoit un message très clair : nous sommes en danger.

    L'amygdale de l'enfant enregistre toute cette expérience. Le bruit des moteurs. La sensation de la ceinture de sécurité. La sensation physique provoquée par les turbulences. Tout cela est associé à une seule étiquette : « menace ».

    Les trois facettes de la peur de prendre l'avion chez les enfants

    La première voie est la transmission directe par un parent. Un parent qui a peur de prendre l'avion transmet cette peur par son langage corporel, ses expressions faciales, le ton de sa voix et son comportement. Les enfants sont extrêmement sensibles aux états émotionnels de leurs proches.

    La deuxième voie est une expérience traumatique directe. Un enfant est confronté à de fortes turbulences, à une remise des gaz ou à un atterrissage brutal que son système nerveux interprète comme une menace pour sa vie. Il n’est pas nécessaire que l’événement soit réellement dangereux ; il suffit qu’il soit perçu comme tel par l’enfant.

    La troisième voie est l'assimilation indirecte par le biais des médias, des récits ou d'autres personnes. Un enfant regarde un film dans lequel un avion s'écrase. Les enfants ont du mal à évaluer les probabilités. Ce qu'ils retiennent, c'est que les avions peuvent tomber du ciel.

    Ce que les parents comprennent mal

    Écarter la peur. Dire à un enfant qu’il n’y a pas de quoi avoir peur lui fait ressentir de la honte face à cette peur. La honte ne diminue pas la peur. Elle la refoule.

    Céder excessivement à la peur. Renoncer complètement à prendre l'avion envoie un message fort : prendre l'avion est vraiment dangereux. L'évitement est le carburant qui alimente la peur.

    Donner trop d'assurance. Répéter sans cesse à l'enfant que tout va bien crée une dépendance. L'assurance n'est qu'une solution à court terme qui engendre un problème à long terme.

    Imposer cette expérience à l'enfant sans l'y avoir préparé peut entraîner un traumatisme qui ne fera qu'aggraver sa peur.

    Ce qui fonctionne vraiment

    Validez ce qu’il ou elle ressent. « Je vois bien que tu as peur. C’est tout à fait normal. Ton corps essaie de te protéger. » Cela montre que ce qu’il ou elle ressent est réel et légitime, sans pour autant confirmer que le danger est réel.

    Expliquez-leur en adaptant votre discours à leur âge. « L'avion est conçu pour se déplacer dans les airs, tout comme un bateau se déplace sur l'eau. Quand on sent des secousses, c'est l'air qui bouscule l'avion, comme les vagues bousculent un bateau. »

    Préparez votre système nerveux. Entraînez-vous ensemble à la respiration abdominale à la maison. Faites-en un jeu. Répétez cet exercice tous les jours pendant plusieurs semaines avant le vol.

    Commencez par vous calmer vous-même. Vous ne pouvez pas aider un enfant à réguler son système nerveux si le vôtre est déstabilisé. Les enfants perçoivent les états émotionnels, pas les discours. Si vous êtes calme, votre enfant s'imprégnera de ce calme.

    Une vision à long terme

    La peur de l'avion chez l'enfant ne doit pas nécessairement se transformer en peur de l'avion à l'âge adulte. Le système nerveux qui a appris à avoir peur peut apprendre à se sentir en sécurité. Si vous êtes un parent et que vous lisez ces lignes, la chose la plus efficace que vous puissiez faire pour un enfant qui a peur de l'avion, c'est de vous sentir vous-même sincèrement en sécurité.

    En bref

    La peur de l'avion n'est pas génétique, mais elle se transmet. Non pas par l'ADN, mais par le comportement et le système nerveux des adultes qui vous ont élevé. Un guide destiné aux parents qui explique comment cette peur s'installe et ce qui fonctionne réellement.

    À propos de cette ressource

    Équipe d'experts de phobia.aero

    Spécialistes en aviation et en psychologie

    • Professionnels de la psychologie et de la thérapie des traumatismes
    • Professionnels de l'aviation commerciale
    • Spécialistes du traitement de la peur de l'avion

    S'appuyant sur 31 ans d'expérience dans l'aviation et 18 ans de traitement de l'aviophobie, l'équipe de phobia.aero met à profit sa connaissance approfondie du cockpit pour aider les familles à surmonter l'anxiété liée au vol. Alex, spécialiste formé en psychologie, intègre des techniques de thérapie des traumatismes telles que l'EMDR et le Somatic Experiencing afin de s'attaquer aux causes profondes de la phobie de l'avion, tant chez les enfants que chez les adultes. Ayant accompagné plus de 16 000 passagers vers la réussite, l'équipe offre un soutien complet en vol grâce à l'application SkyGuru, qui fait office de compagnon de vol virtuel pour démystifier la peur des turbulences. Sa méthodologie fondée sur des données probantes garantit aux parents de disposer des outils professionnels nécessaires pour transformer la panique de leur enfant en un sentiment de calme et de curiosité.

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