Il y a une histoire très sombre que ton esprit aime te raconter. Il te murmure que si quelque chose tourne mal pendant un vol, c’est fini. Il te dit qu’un accident d’avion équivaut à une condamnation à mort certaine. Cette pensée transforme chaque décollage en un pari avec ta vie.
Il faut examiner les faits. Les données ne corroborent pas ce scénario catastrophe inévitable. Le taux de survie lors d'incidents aériens s'élève en réalité à environ 53 %. Ces données proviennent d'un suivi exhaustif des flottes d'avions à réaction depuis 1959. Il faut bien comprendre ce que l'on entend ici par « incident ». Ce terme englobe les événements au cours desquels l'avion subit des dommages irréparables ou qui entraînent des complications graves. Même dans ces cas graves, plus de la moitié des personnes survivent.
Les avions modernes sont conçus en accordant la priorité à la survie. Les sièges sont conçus pour résister à des chocs violents. Les matériaux sont choisis pour résister au feu, afin de vous laisser le temps d'évacuer l'appareil. L'aménagement de la cabine est pensé pour permettre une évacuation rapide. Des passagers sortent indemnes d'épaves qui semblent catastrophiques à la télévision.
Votre esprit ignore ces faits en raison d'une distorsion cognitive. Si vous avez vécu un rejet ou une perte survenue de manière inattendue, votre système nerveux a appris à partir du principe que le pire est inévitable. Vous avez appris que si quelque chose de grave commence à se produire, il n'y a pas d'échappatoire. Vous projetez cette réalité émotionnelle intérieure sur la réalité mécanique extérieure de l'avion.
Le risque réel d'un accident mortel est infime. Il est d'environ 1 sur 25 millions. Vous êtes plus en sécurité dans les airs qu'au volant de votre voiture. Depuis seize années consécutives, aucun avion traversant l'Atlantique n'a connu la moindre défaillance. Ce « vol maudit » n'est qu'un fantasme né de votre anxiété, destiné à vous préparer à une catastrophe qui ne se produira pas.





