Regarder par la fenêtre et voir le sol à 10 kilomètres en contrebas peut être terrifiant. On se sent vulnérable. On se dit : « C'est tellement loin en bas. Si on tombe, c'est la mort assurée. » La hauteur déclenche une peur primitive de la chute. Elle nous donne envie d'être près du sol, là où l'on se sent en sécurité.
En aviation, l'altitude est tout le contraire du danger. Nous avons un dicton : « La vitesse, c'est la vie ; l'altitude, c'est l'assurance-vie ». L'altitude est une ressource. C'est comme de l'argent à la banque. Si un problème survient à 30 000 pieds, les pilotes ont du temps. Ils ont de la marge. Ils ont des options. Ils peuvent échanger cette altitude contre de la vitesse pour maintenir l'avion en vol. Ils disposent de vingt ou trente minutes pour résoudre un problème, communiquer avec le personnel de maintenance au sol et planifier un atterrissage.
Si vous volez à basse altitude, vous n'avez pas de marge de manœuvre. Vous n'avez aucune marge de sécurité. C'est pourquoi nous montons haut. Nous volons entre 9 000 et 12 000 mètres pour nous placer au-dessus des intempéries et bénéficier d'une marge de sécurité considérable. Votre cerveau interprète la distance qui vous sépare du sol comme un risque. Vous devez changer votre façon de voir les choses. Chaque mètre d'altitude est un mètre de sécurité.
Cette peur est souvent liée à un manque de soutien dans votre vie. Si vous avez l'impression de marcher sur une corde raide sans filet, alors la haute altitude vous semble être un endroit précaire. Mais l'air à cette altitude, c'est le filet. La vitesse, c'est le filet. La redondance, c'est le filet. Vous êtes mieux soutenu là-haut qu'ici-bas. La « longue chute » est en réalité le temps nécessaire pour régler tout ce qui pourrait devoir l'être.





